Paroles de…

François VINCENT – Conteur et Musicien

« Qu’est ce que le conte pour moi ? C’est une question qui pourrait remplir un livre ! Surtout que le conte est une forme artistique à multiples facettes. En ce qui me concerne j’essaye de créer des émotions profondes sous une forme légère. J’essaye de m’amuser comme un enfant avec des figures qui sont des archétypes de la psyché humaine. Mon attachement à la musique fait que j’essaye de faire swinguer la narration aussi comme un jeu sur le rythme. Je crois qu’il faut goûter les contes comme on goûte un bon fruit. Il y a sous leur naïveté apparente, l’essence de la vie. Les grandes émotions comme la nécessité de se sentir aimé, la peur de l’abandon, la peur de la mort,  ont besoin d’être exorcisées. Alors j’essaye de le faire en ma façon, en riant des situations tragiques. »

Ladji Diallo – Conteur

« Le Conte, c’est mon métier. »

 

Catherine MOISAN – Association Act’Arts

« Le Conte évoque en premier lieu le souvenir des premiers livres partagés en fratrie. Ensuite, c’est la diversité des thèmes et des quêtes abordés dans les contes découverts depuis l’enfance, en fonction de l’âge et des centres d’intérêt.

Les Contes orientaux ont une saveur particulière, évoluent avec des personnages et dans des univers différents, riches de symboles et de significations, qui nous ouvrent les yeux sur une autre culture.

Le Conte invite d’emblée à l’imaginaire, à la rêverie, à l’ailleurs. Il sépare nettement le bon et le moins bon, nous gratifie souvent d’une morale. Nous nous identifions facilement au héros, il nous permet le temps de quelques pages de partager ses pouvoirs « extraordinaires » et ses qualités de « super man ». Il nous permet de nous évader avec bonheur, en quête d’un monde meilleur. Instants magiques où tout est possible ! »

 

Philippe SIZAIRE – Conteur

« Le premier conteur que j’ai entendu s’appelait Abbi Patrix. J’avais trente ans déjà et j’ignorais tout du conte comme art vivant. Je me souviens de son extraordinaire qualité de présence (à lui-même, à l’instant, au lieu, à l’histoire, à la musique, à nous), et par « propagation » de ma propre qualité de présence dans l’écoute, ce soir-là. En sortant du spectacle, je connaissais toutes les histoires par coeur, parce qu’elles avaient circulé en moi en passant par le coeur, et j’avais envie de les raconter. Quelques années plus tard, je devenais conteur. C’est aussi simple que cela, le conte. Et aussi nécessaire. »

 

Coralie GUILLOIS – École Élémentaire Jean Zay

« À titre personnel, le conte évoque pour moi le rêve, l’imaginaire, la peur avec ces personnages méchants et effrayants, l’enfance, le partage d’un moment de lecture avec mes propres enfants.

À titre professionnel, le conte représente la base de la littérature qui doit être abordée avec des élèves qui, malheureusement, sont de moins en moins familiarisés avec ce type de texte.

Leur demander de créer leur propre histoire en suivant fidèlement la structure narrative du conte est l’occasion de faire appel à leur imaginaire, d’enrichir leur vocabulaire et de mettre en avant leurs talents d’écrivain et de dessinateur. »

 

Pierre DESVIGNE – Conteur

Dire conte, c’est dire : il était une fois.

Aujourd’hui, défendre l’art du conte c’est dire : il est plein de fois ; ces fois qui plongent dans les racines de l’humanité. Le conte vient d’aussi loin que le rêve de l’homme. En chemin, il a éveillé nos imaginaires pour proposer des réponses vastes, incertaines, aux questions existentielles. Ainsi, issues des rêves, ces histoires participent à la civilisation de l’homme.

Loin des dogmes religieux, il a l’art de faire un croche-pied aux morales étriquées ;

Face aux politiques totalitaires, il peut devenir furet libertaire ;

Pas facile de le faire taire, malgré les édulcorants des écrans bien-pensants.

 Le conte, aujourd’hui, n’est pas seulement affaire d’ogres et de sorcières, il est aussi une parole symbolique qui donne aux récits étonnants de nos vies – car le fait même d’être en vie est étonnant – un goût d’ailleurs, une musique, un parfum, un souvenir en devenir. Il devient alors une parole poétique engagée, témoin de son temps.

 L’art du conte fait partie de la grande famille des spectacles vivants. Ces spectacles sont autant d’occasions d’ouvrir nos cœurs à de nouveaux horizons. Ces occasions donnent à nos rêves la joie de danser, malgré la douceur tragique de nos existences brèves.

 

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